[Décryptage Blu-Ray] X-Men Days of Future Past : The Rogue Cut réalisé par Bryan Singer

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« Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants. »

Du côté du film…

Un an et un peu moins de deux mois après la sortie du film en salles, voici que débarque enfin sa version longue. Voici que Malicia (Rogue dans la version originale) va enfin apparaître dans le film alors qu’elle est créditée parmi les premiers rôles. Mais finalement, la question qui se suspend à toutes les lèvres reste : qu’apporte cette version longue ? Cette version longue n’est pas qu’une simple version longue. C’est le vrai Days of Future Past, la version que méritait le film lors de sa sortie cinéma. Pouvant se régénérer, Wolverine va être envoyé dans le passé à la place de Kitty afin que ne se déclenche jamais la guerre entre les mutants et les non-mutants. Un film qui se déroule sur deux époques et qui, grâce à ce procédé, permet de faire le lien entre les anciens et la jeune génération d’X-Men. Grâce à la mise en place d’un montage parallèle, le film peut jongler avec simultanéité sur les deux time-lines. Dans la version cinéma, le montage laissait davantage de place aux scènes du passé, qu’au futur. Dans cette nouvelle version, le futur reprend ce qui lui revient de droit et gagne en intérêt.

Dans le but de rendre le film plus cour, toute une intrigue secondaire a été découpée au montage. Celle-ci impliquait directement le personnage de Malicia, qui fut par conséquent coupée au montage. De ce fait, on va se rendre compte que certains plans où elle est censée apparaître, même partiellement, ont été recadrés ou échangés avec des plans déjà utilisés auparavant dans le film. Cette nouvelle intrigue secondaire se déroule après une heure de film (Spoiler : après que Logan ait blessé Kitty sur le flanc, entraînant une perte de son contrôle). Cette toute nouvelle séquence entraîne un changement dans la chronologie des séquences, puisqu’elle est montée en parallèle avec une scène du passé qui met en scène Magnéto allant récupérer son casque au département de la défense. L’apport de cette séquence permet au long-métrage de gagner en cohérence et en intensité dramatique. Tout d’abord on observe un gain en cohérence grâce à l’arrivée du personnage de Malicia. Elle a une réelle utilité au bon avancement de l’histoire et notamment à ce que la conscience de Logan puisse rester dans le futur jusqu’à ce qu’ils réussissent leur mission.

Pour la version cinéma, John Ottman (monteur et compositeur) et Bryan Singer ont réussi à outrepasser cette nécessité en occultant la présence de certains personnages, dont Kitty dans le dernier tiers du film. On ne la voit plus qu’en arrière-plan ou via des plans très serrés sur ses mains. Une fois la version longue visionnée, ces coupures semblent aberrantes. Cette séquence additionnelle enclenche une nouvelle étape dans la montée en puissance de la dramaturgie mise en place dans la première heure du film et la mise en parallèle entre le passé et le futur démontre avec force les distinctions entre les deux Erik Lehnsherr. Deux mêmes hommes, une même force, mais deux hommes animés par une rage différente. Des personnages dont les psychologies sortent encore plus prononcées, donnant une tout autre dimension émotionnelle au film. Le montage parallèle joue un rôle prédominant et fait gagner en intensité le récit. Un véritable apport au film qui, de ce fait, gagne en cohérence sur toute sa longueur.

X-Men Days of Future Past : The Rogue Cut ce n’est pas seulement une nouvelle intrigue, c’est un tout. Un film qui, comparé à sa première version, est ici moins saccadé, gagne en cohérence, mais également en puissance dramatique. Les personnages en ressortent encore plus fort, grâce à une Ardoiseintrigue qui lie impeccablement le passé au futur, accentuant les traumatismes de chacun qui ont des répercussions les uns sur les autres. Chaque personnage à son utilité et grâce à cette séquence supplémentaire, ceux qui n’en avait pas de véritable en trouvent une. Le montage a également gagné en dynamisme avec plus ou moins de plans suivant les séquences et un découpage moins saccadé. Un film limpide, doté d’une écriture remarquable à la dramaturgie presque shakespearienne grâce aux liens forgés entre les différents protagonistes et offrant à chaque personnage son moment de gloire, qu’il soit au premier comme au second plan. La musicalité de ce film est forte. Une exposition qui prend son temps à poser les bases, jusqu’à un crescendo dramatique qui ne faiblit pas jusqu’à son dénouement. Après une version cinéma simplement convaincante, voici une version longue, que l’on nommera version finale, presque parfaite.

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Du côté des bonus…

Le 21 mai 2014, Bryan Singer reprenait les commandes de la saga qu’il lança avec succès en 2000. Depuis les X-Men ont fait leur bout de chemin et ont depuis eu droit à leur reboot avec X-Men : Le Commencement. Un véritable carton qui permis à l’engrenage Days of Future Past de ce mettre en route. Puisque oui, Matthew Vaughn qui était le réalisateur du reboot, était secondé par un certain Bryan Singer. Le réalisateur de Superman Returns a toujours surveillé de prêt ou de loin les projets X-Men et c’est avec logique que ce dernier a pris la relève de Matthew Vaughn, ce dernier étant indisponible pour mettre en scène ce nouveau film. Ayant chapeauté le scénario écrit principalement par Simon Kinberg, il a su en capté l’essence afin de rendre harmonieuse l’union entre les deux time-lines. Même si déjà connu des cinéphiles et féru de la saga, cette dernière est une information parmi toutes celles qui sont dévoilées dans les 90 minutes de bonus présent sur la version longue de X-Men Days of Future Past. Ou la bien nommée : The Rogue Cut.

Dans cette nouvelle édition parue en France le 15 juillet 2015, nous retrouvons deux disques Blu-Ray. Le premier comporte en son sein les deux versions du film (Theatrical and Rogue Cut), mais également des commentaires audios. Il n’y a pas qu’un, mais deux commentaires audio réalisés par Bryan Singer accompagné par son compositeur et monteur John Ottman. Pour cette nouvelle version, ils ont enregistré un nouveau commentaire audio, détaillant les changements opérés entre les deux montages et pas que. Ils ont réussi à se renouveler dans leurs anecdotes et informations afin d’avoir deux commentaires audio suffisamment distincts. Sur le second disque, nous retrouvons un peu moins de 90 minutes de nouveaux bonus. Le premier module qui se nomme Mutant vs Machine est un making of de 52 minutes alors que le second, X-Men Unguarded, est une table ronde de 30 minutes avec la majorité du casting du film, ainsi que quelques membres de la technique. Deux bonus très intéressants, mention spéciale au making of qui revient en détail sur chaque élément du film, des costumes aux effets spéciaux, en prenant le temps de donner la parole aux techniciens. Le tout s’achève sur une galerie regroupant des storyboards, dessins des costumes et concept-arts.

X-Men Days of Future Past : The Rogue Cut est disponible officiellement à compter du 15 juillet 2015 au prix de 19.99€.

Un achat chaudement recommandé.

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