[Critique] The Maze Runner réalisé par Wes Ball

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@paulcineblog vous dévoile pourquoi il a été agréablement surpris par ce film

Alors que nous entamons le dernier trimestre d’une année pas très fructueuse en terme de bons films, le meilleur semble se profiler. Et notamment en termes de blockbusters. En effet, si l’année nous a gâtés de films à gros budget, ils furent peu nombreux à être au minimum correct. Et donc, d’ici le 31 décembre, on devrait pouvoir s’extasier sur Interstellar et le Hobbit, mais aussi se divertir devant Hunger Games 3 et, surprise, The Maze Runner.

N’ayons pas peur de le dire : la production dite « young adult » est très médiocre. Excepté les Hunger Games qui, malgré leurs défauts apparents, restent des films très regardables et développant un minimum de sous-thèmes, les films sont, au minimum, médiocre. Alors oui, ça cartonne, et certains adorent voir du Percy Jackson ou du Divergente, mais ce n’est pas bon. Et en ce merveilleux mois d’octobre, arrive un film plus ambitieux, plus réussi. Oui, The Maze Runner mérite de cartonner au box-office.

Commençons par les points négatifs. Car oui, vous ne croyiez quand même pas que je n’allais avoir que du positif à dire sur le film j’espère. Disons qu’il manque 10-15 bonnes minutes au film. Déjà, ça manque clairement d’une bonne spatialisation. Pour expliquer ça, expliquons le pitch (qui est dévoilé dans les bandes-annonces, donc spoiler free évidemment si vous les avez vu). Thomas, jeune homme bien portant, se réveille dans une espèce de cage d’ascenseur…qui monte. Et il arrive, sans aucun souvenir, dans ce qui est appelé le « Cube », un immense espace vert entouré par des murs de la taille de celui de Game of Thrones. Chaque matin, des portes s’ouvrent, chaque soir, elles se ferment. Derrière ces dernières, un labyrinthe, immense, où les « Runner », certains habitants du Cube, courent chaque jour pour pouvoir le dessiner.

Et donc, on est face à un des gros paradoxes du film. On commence donc sur Thomas, qui arrive dans le Cube, et fait une petite visite. Visite tellement rapide que l’on ne prend même pas la peine de bien spatialiser le Cube. Si l’on est bien concentrés, on comprend à peu près où sont les deux-trois principaux points du Cube. Et encore. Ce manque de repères est un des plus gros défauts du film, surtout que le Labyrinthe est, lui, extrêmement bien défini. Entre deux séquences d’actions dans celui-ci, quelques minutes sont toujours prises pour bien montrer où l’on est, les dangers du lieu, etc. C’est assez hallucinant que quelques dizaines de secondes ne soient pas prises pour spatialiser correctement le Cube, tant ce manque de repères est gênant.

On peut également reprocher quelque chose d’assez commun à ce type de productions, et en fait aux 3/4 des films actuels, c’est les raccourcis pris avec le scénario. Certains personnages sont là juste pour être important dans la suite, l’opposition du héros à son antagoniste est beaucoup trop manichéenne et la dernière partie part dans un n’importe quoi qui se voudrait mystérieux et incompréhensible, mais qui est au final plus incohérent qu’autre chose. Mais, soyez rassurés, ce n’est que la grande minorité du film. Le reste marche très très bien. Les scènes d’exposition ne sont pas ennuyantes (et ça, c’est cool), et bien que la structure du film soit assez prévisible et calibrée, elle est sauvée par…la technique.

Soyez bien sûr que je suis un des premiers à critiquer le manque de scénario dans un film. Mais, pour moi, le cinéma est un art avant tout visuel. Même avec le plus petit des scénarios, on peut raconter plein de choses, en choisissant une esthétique spéciale (ce que Gaspard Noé fait très bien) ou en suggérant des choses par la réalisation. Même si Wes Ball n’est pas Scorsese, son travail est à signaler. Parfait inconnu, il est quand même meilleur derrière la caméra que la plupart des réalisateurs de blockbusters de cette année (coucou James Gunn). Ses cadres sont bien composés, la photo très agréable à regarder, et cohérente avec ce qui est montré, et ses séquences d’actions envoient du bois. Si le monsieur ne fait rien d’exceptionnel (quoique pour cette année…), il filme quand même ultra efficacement les courses et bastons au milieu des différents décors de son labyrinthe (qui fait parfois penser à de jolies arènes de Call of Duty) et maintiens même en haleine le spectateur pendant les scènes plus « calmes » grâce à un rythme effréné et une sensation d’urgence qui se développe au fur et à mesure que le récit abats ses cartes.

Sans être une révolution dans le monde du cinéma, il pourrait en être une dans le milieu du « young adult ». Avec certains plans bien dégueulasses, une brutalité et une cruauté bien développée, bref une réelle violence, totalement adaptée à un film PG-13 mais bien présente, The Maze Runner se démarque de ses concurrents et pourrait être une alternative très divertissante à un Hunger Games ou un Divergente, en raison justement de cette prise de risques, modéré, mais efficace.

Grâce à une réalisation agréable, un véritable travail sur le son et la photo, une cohorte d’acteurs qui fait le boulot, The Maze Runner s’impose comme une excellente surprise. Une surprise absolument pas dénuée de défauts, mais suffisamment rythmée et percutante pour qu’il devienne l’un des (le meilleur ?) meilleurs films « young adult » produits depuis le début de la saga Twilight.

4/5

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