The Monuments Men [Critique]

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« La plus grande chasse au trésor du XXe siècle est une histoire vraie. MONUMENTS MEN est inspiré de ce qui s’est réellement passé.
En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats – des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art – se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Mais ces trésors sont cachés en plein territoire ennemi, et leurs chances de réussir sont infimes. Pour tenter d’empêcher la destruction de mille ans d’art et de culture, ces Monuments Men vont se lancer dans une incroyable course contre la montre, en risquant leur vie pour protéger et défendre les plus précieux trésors artistiques de l’humanité… »

Réalisateur depuis maintenant plus de dix ans, Georges Clooney revient en 2014 avec un film plus militant que militaire puisqu’il traite des Monuments Men. Mais qui sont les Monuments Men ? Alors que la Seconde Guerre mondiale bat son plein, le président Américain Roosevelt prend une décision inattendue. Il décide de créer une armée de protecteurs qui suivraient diverses troupes de soldats au fil des batailles afin de sauver et récupérer les œuvres d’art volées par les nazis. Avant d’être enfermé dans la prison de Landsberg am Lech après un putsch raté, Adolf Hitler fut un tout petit artiste peintre. Adorateur de peinture et d’art en règle générale, Hitler avait en tête une idée folle, celle de créer le plus grand musée au monde. Un musée à la gloire de l’art – et de sa mégalomanie bien sûr – et qui serait construit sur ses terres en Autriche. Dans ce musée ont retrouverait les plus beaux chefs-d’œuvre qui ont été peints ou sculptés dans le monde entier par des artistes de renom comme Renoir, Picasso, Michel-Ange et j’en passe. Débarqués fraîchement en Normandie, les Monuments Men avaient pour mission d’aller de ville en ville afin de convaincre les généraux de les laisser suivre les troupes de soldats afin qu’ils puissent protéger et récupérer les différentes œuvres. Au fur et à mesure de leur avancement vers l’Allemagne – puis en Allemagne – les Monuments Men ont vu leur nombre augmenter jusqu’à 350. 350 Hommes et Femmes prêts à tout pour protéger des œuvres d’art, mais est-ce qu’une vie vaut plus qu’une oeuvre ? C’est à cette question que le film souhaite répondre, tout en nous faisant découvrir les Monuments Men et leur histoire ou presque.

Dans la filmographie du réalisateur Georges Clooney, nous retrouvons des films engagé tel Good Night, and Good Luck ou Les Marches du Pouvoir. Dans ces films, il arrivait à faire passer un message qui se voulait clair et précis. Avec The Monuments Men, il recycle la même envie qui est de faire passé un message, sauf que cette fois ce message s’adresse à toute la population qui ne connaissait pas les monuments men. Il veut nous les faire connaître et à ce niveau-là le film est réussi puisqu’il donne envie d’en savoir plus, mais ce n’est pas pour la bonne raison. En effet, alors que le film part d’un bon sentiment et d’un récit écrit par un véritable monuments men – Monuments Men écrit par Robert M. Edsel en 2009 – il nous pousse à vouloir connaître leurs véritables histoires puisque ce film est avant tout une fiction. Fiction à la fois dans l’histoire comme dans la réalisation, The Monuments Men se sert d’événements ayant réellement eu lieu pour créer du divertissement. C’est à ce niveau que le bât blesse. Alors qu’il y avait le potentiel de faire un véritable film de guerre à la fois poignant et percutant, Georges Clooney a préféré la facilité du divertissement et c’est dérangeant. Bancal et insipide, le scénario de ce Monuments Men nous fait découvrir une armée de l’ombre dont on n’avait pas connaissance, mais elle est représentée par des personnages qui sont caricaturaux et peu attachants. Pourquoi ne pas seulement mettre en avant deux personnages et nous les faire découvrir intégralement afin de nous attacher à eux ? Pourquoi vouloir absolument faire un film de « pote » qui n’a aucun intérêt ?

C’est simplement pour mettre en avant la symptomatique cohésion de groupe et nous ramené aux fondements mêmes du scénario qui repose sur le fameux : est-ce une qu’une oeuvre d’art vaut une vie ? Inintéressant dans son développement. Alors qu’il démarre tambour battant avec la découverte des différents personnages, le film perd peut à peu en rythme à cause d’une dispersion des troupes qui impose la mise en place d’un montage parallèle. Montage qui coupe le rythme du début et éloigne les personnes du spectateurs puisque certains seront plus présents que d’autres qui se verront relégué au second plan. Ennuyeux au bout de trente petites minutes malgré un casting de choix et une réalisation bancale, mais qui recèle de belles petites idées. The Monuments Men est un film dont le scénario est insipide, malgré son postulat de départ très attrayant et prometteur. Insipide est le mot qui convient parfaitement pour décrire ce film, qui facile non pas ente deux genres, mais bien entre trois, à savoir le drame, l’humour et la guerre. À aucun moment convaincant dans son traitement de la guerre, le film n’arrive à faire rire grâce à un bon casting qui fait le travail, mais celui-ci n’est pas gâté à cause de personnages mal écrits.

Toujours maladroit dans l’écriture, le film n’offre pas aux acteurs de bons personnages, mais de simples caricatures dénuées d’intérêt et de charisme. A noter tout de même la très belle performance de Bob Balaban, dont le personnages est peut-être le plus intéressant à voir évoluer. Et que dire du drame, mis à part qu’il est inexistant même si on note ici et là quelques scènes au potentiel dramatique. The Monuments Men est un film se cherche, mais qui ne trouve pas et se n’est pas la bande sonore horripilante signée Alexandre Desplat qui va l’aider… Plus proche de la Septième Compagnie que de La Ligne Rouge, cette bande-sonore est redondante et ne procure pas au film le rythme dont il aurait tant besoin. Insipide, longuet, ennuyant, tant d’adjectifs qui peuvent correspondre à ce film qui avait du potentiel, mais qui n’a pas été traité comme il l’aurait dû être. Édulcorée au possible, aucune émotion n’emporte le spectateur qui s’ennuie fermement et qui ferait mieux d’ouvrir un livre d’histoire plutôt que d’aller voir cette énorme déception. Georges, tu auras besoin de prendre plus de café si tu voudras nous emballer avec ton prochain film.

2/5

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